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#2 Campagne de fouilles 2022 - Sainte-Marie-aux-Mines (68), le carreau Sainte-Barbe

La mine Sainte-Barbe a été exploité a minima du XIe au XVIIIe siècle. La campagne 2022, menée du 3 au 30 juillet 2022 par des archéologues du laboratoire Chrono-environnement (CNRS - université de Franche-Comté), a porté sur une forge minière et un entrepôt du XVIe siècle.

Traces de plancher et traces de minerai (poudre blanche = PbO) dans l’entrepôt (© J. Gauthier)

Le secteur de l’Altenberg, à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace), fait l’objet d’investigations historiques et archéologiques depuis le début des années 1980. En 2018 a débuté la fouille programmée d’une forge datant du XVIe siècle sur le carreau de la mine Sainte-Barbe. Un atelier minéralurgique du XVe siècle avait été fouillé entre 2013 et 2016 sur le même site.

La fouille est dirigée par Joseph Gauthier, chargé de recherche au CNRS, spécialiste de l’économie et des techniques minières au Moyen Âge et à l’époque moderne. Son équipe comprenait notamment un spécialiste en paléométallurgie du fer – Rémy Jeannot, une géomorphologue de l’INRAP – Anne Gebhard, et un géologue et archéologue des industries – Pierre Fluck. Le chantier, suivi quatre semaines en juillet, est organisé sur le plan logistique par l’Association pour l’étude et la protection des anciennes mines (ASEPAM).

La campagne 2022 a permis d’achever la fouille des niveaux d’activité de la forge, remarquablement conservés pendant cinq siècles. Les espaces de travail des deux foyers ont livré quantité de mobilier paléométallurgique qui vient compléter un corpus déjà imposant, dont l’étude va pouvoir être bouclée en 2023. Des éléments ligneux piégés dans un amas de battitures (éclats de métal projetés lors de la fabrication) ayant dû être fouillé au burin apporteront peut-être une datation plus précise que celle apportée par la céramique. Les traces discrètes d’une première phase d’occupation ont pu être mises au jour, et la fin du chantier a permis de révéler des niveaux de sol comportant de la scorie de réduction, témoins d’une fonderie datée par radiocarbone des XIe-XIIe siècle.
Il reste à déterminer si ces niveaux sont en place ou ont été remanié lors de l’installation de la forge au XVIe siècle.

Bac monoxyle et bac cerclé de fer devant l’un des deux foyers de forge (© J. Gauthier)

En bordure de la plateforme principale du carreau, un bâtiment de 18 m de long repéré en 2021 par sondages a été partiellement ouvert (50 %). La structure du bâtiment impressionne, par sa longueur et l’absence de mur de refend d’une part, et par l’absence de sol préparé d’autre part. Les traces de plancher mises au jour reposent directement sur un niveau de colluvions très grossier. Des amas de minerais calibré ont pu être fouillés. Sa qualité est plutôt médiocre, laissant penser que l’on se trouve sur un lieu de stockage intermédiaire du minerai en cours de préparation. La fouille de la seconde moitié du bâtiment en 2023 viendra compléter les résultats de la campagne 2022.

Des travaux de désobstruction ont également été menés dans deux mines médiévale-Renaissance, en préparation de fouilles archéologiques à venir.

Contact : Joseph Gauthier

À découvrir dans la série :
#1 Campagne de fouilles 2022 - Lyon, le Clos de la Visitation

publié le , mis à jour le