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Conférence Histoire des Feux : retour d’expérience

Les feux de forêt n’ont rien de nouveau. L’histoire des feux commence dès que la quantité d’oxygène dans l’air et la présence des végétaux sur la Terre ont été suffisamment importantes il y plusieurs millions d’années. Pourtant une nouvelle étape est franchie lorsque les sociétés préhistoriques se sont emparées du feu pour conquérir, aménager, entretenir les écosystèmes. D’abord à des fins cynégétiques puis agro-pastorales, la modification des régimes de feu a été un des outils les plus puissants et universels que les sociétés ont utilisé pour anthropiser leur environnement.

Aujourd’hui encore la très grande majorité des départs de feu sont d’origine humaine. Les feux affectent la quasi-totalité des écosystèmes terrestres non désertiques (froid et chaud) de la Terre et contribuent significativement au cycle du carbone, à l’albedo (pouvoir réfléchissant de la surface de la Terre) et aux dynamiques écologiques, en particulier la biodiversité. Quand la fréquence et l’intensité des évènements de feu sont adaptées à l’écosystème concerné, la perturbation peut être alors source de plus de biodiversité. Quand au contraire le régime de feu est en décalage avec l’écosystème, trop fréquent ou pas assez, trop destructeur, alors il représente un danger pour l’équilibre écologique. La "bonne pratique” du feu relève d’un savoir-faire inspiré par une connaissance sur le long terme (centennale à millénaire), de l’écologie du feu.

Les conditions météorologiques et climatiques ne sont pas à exclure de l’équation, la propagation des feux dépend de celles-ci. L’augmentation des températures à la transition Glaciaire-Interglaciaire il y a 11500 ans, a entraîné une augmentation importante des feux. Les prévisions pour les décennies à venir sont alarmantes. Quel que soit le scénario climatique envisagé par le Groupe Intergouvernemental d’Étude du Climat, et même si nos sociétés et États arrivent d’ici 50 ans à contrôler leur impact sur le réchauffement de la Terre, l’indice de sécheresse qui anticipe la probabilité de propagation des feux et la durée de la saison de feu devraient très fortement augmenter. Si nous ajoutons à cela les activités humaines qui ne cessent de s’étendre et de s’intensifier et donc d’augmenter les mises à feu involontaires ou pas, nous devons urgemment prendre en compte le feu comme un danger que l’on ne peut simplement combattre sur le moment mais accentuer nos efforts pour apprendre à le gérer et cesser de jouer avec...

publié le