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Dynamique écologique des maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes

Action phare Dans les régions tropicales et tempérées de l’hémisphère nord, la réémergence d’anciennes maladies infectieuses (trypanosomiase, peste, choléra, échinococcose, etc.) jamais complètement contrôlées se conjugue à l’émergence de nouveaux risques infectieux (ebola, monkeypox, résistance aux antibiotiques, etc.). Leur potentiel de diffusion rapide loin des foyers d’émergence est tel, dans le contexte actuel de mondialisation et de rapidité des mouvements de populations d’un continent à un autre, que le risque de pandémie est de plus en plus grand. Le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) lié au coronavirus en 2002-2003, la grippe aviaire en 2009-2010 et la maladie à virus ebola en 2015, sont les preuves de la réalité de cette menace qui pourrait même mettre à mal les systèmes socio-économiques les plus résilients.

Pour mieux comprendre les mécanismes d’émergence ou de réémergence de ces pathogènes, leurs dynamiques spatiales et temporelles ainsi que leurs distributions au niveau des populations, les approches classiques d’épidémiologie ont apporté des résultats mitigés, d’où la nécessité de recourir à des approches écologiques
régionales, plus globalisantes, systémiques, multi-échelles et pluridisciplinaires, plus porteuses d’enjeux pour la compréhension de ces phénomènes morbides et la déclinaison opérationnelle des options de prévention et de contrôle (Patz et al. 2004). Ce type d’approche éco-épidémiologique a été mené avec succès au laboratoire Chrono-environnement dans l’étude de l’échinococcose alvéolaire et du choléra, et a donné des résultats mondialement connus avec des stratégies de surveillance et de lutte appliquées dans plusieurs pays en Europe,
Asie, Afrique et Amérique du nord.

Le projet prévoit de recueillir de façon systématique des données pertinentes sur des maladies infectieuses à potentiel épidémique (parmi lesquelles figureront le choléra, rougeole, peste, lèpre, mais qui pourront également concerner la trypanosomiase humaine en Afrique, la méningite, ebola, le paludisme, le monkeypox, la fièvre jaune, la dengue, etc.) et sur les maladies émergentes repérées en Europe, Amérique du Nord et Asie (échinococcose alvéolaire, résistance aux antibiotiques, etc.). Il s’agira ensuite de comprendre les facteurs liés à leur émergence, leur diffusion et/ou leur persistance en utilisant des approches écosystémiques et multidisciplinaires... La dimension historique de la diffusion des maladies infectieuses est envisagée grâce à l’intégration des données issues des études menées en contextes historiques et archéologiques. Les travaux viseront à (1) identifier les maladies pour lesquelles les déterminismes écologiques semblent prégnants ou mal évalués, (2) comprendre la manière dont ces déterminismes contrôlent l’émergence ou le maintien des pandémies dans les régions actuellement touchées, et (3) ajuster les stratégies opérationnelles de lutte contre ces maladies,
et anticiper leur diffusion. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de combiner des compétences venant de champs disciplinaires très variés (e.g. hydrogéologie, écologie fonctionnelle, éco-épidémiologie, écologie comportementale, dynamique des populations, réseaux trophiques, paléoparasitologie), compétences toutes
présentes au sein du laboratoire Chrono-environnement, et de les appliquer à l’étude de la dynamique des maladies infectieuses émergentes et réémergentes.

À travers ce thème, il sera donc possible de valoriser l’une des fortes compétences du laboratoire Chrono-environnement, à savoir la combinaison entre les apports du savoir écologique, du savoir épidémiologique (éco-épidémiologie), ou paléo-épidémiologique et ceux des autres disciplines des sciences de la santé, tout
en s’inscrivant dans la dynamique du concept « One Health ».

publié le