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Écotoxicologie du paysage et de la faune sauvage

Action phare Face aux enjeux actuels de conservation de la biodiversité et des services écosystémiques au regard des pressions anthropiques et des changements globaux, l’écotoxicologie du paysage reçoit une attention croissante depuis quelques années. Elle offre des opportunités majeures pour lever des verrous scientifiques relatifs aux mécanismes de transferts et d’impacts des polluants dans les réseaux trophiques terrestres, en abordant des questions relatives à la structure des réseaux trophiques, à la fragmentation et l’homogénéisation des paysages, aux interactions entre stresseurs biologiques et chimiques, à la résilience des communautés perturbées ou encore aux relations entre exposition et réponses des organismes, le tout dans un contexte spatialement explicite. De même, l’écotoxicologie du paysage est à même d’améliorer significativement la pertinence écologique des procédures d’évaluation des risques et de gestion des sites pollués. En effet, cette thématique aborde des questions identifiées par la communauté scientifique et politique comme essentielles pour passer d’une évaluation du risque basée sur la toxicologie à une évaluation basée sur l’écologie, afin de mieux évaluer les impacts des substances en conditions naturelles et continuer à développer le cadre théorique de l’écotoxicologie (Artigas et al., 2012 ; Rattner, 2009 ; van Straalen, 2003, directive européenne 2009/128/CE).

Prenant appui sur les travaux menés au cours des dernières années, cette action de recherche concerne plus particulièrement la faune sauvage, et l’impact sur celle-ci de différentes perturbations anthropiques impliquant des pollutions chimiques (urbanisation, sites industriels, agriculture intensive). Les travaux qui seront menés
se basent notamment sur les études en cours (sites d’études ZAAJ et Metaleurop, travaux de modélisation) et sur les projets de recherche et thèse en démarrage, soumis ou qui seront soumis prochainement. Le choix de modèles biologiques ciblés sur les vertébrés (mammifères et oiseaux), conjugué à l’approche originale
entreprise, nous place parmi les leaders dans le domaine au niveau national et européen.

Les questions abordées ont pour objectif de comprendre l’influence des caractéristiques du paysage et de la structure des réseaux trophiques terrestres sur le transfert et les effets des polluants dans ces réseaux. L’évaluation des réponses des organismes au stress induit par l’exposition aux contaminants au niveau individuel, à travers le diagnostic de l’état de santé individuel et de l’état nutritionnel, et leurs relations avec les réponses à l’échelle des populations et communautés, sera également un point majeur de cette action. L’utilisation
de méthodes non-létales permettra de lever un verrou qui limitait jusqu’à maintenant largement l’évaluation des réponses des organismes aux pollutions dans un cadre éthique. Faire le lien entre stress, états de santé et nutritionnel et les cascades à d’autres niveaux d’organisation permettra d’améliorer la compréhension
fonctionnelle et la prédiction des impacts des perturbations anthropiques. Enfin, une attention particulière sera portée aux interactions entre expositions aux contaminants chimiques et biologiques. Les patrons de co-exposition et les processus d’interactions écologiques et physiologiques seront étudiés. Cette thématique de recherche émergente en écotoxicologie a des implications fondamentales pour comprendre les effets des polluants dans les réseaux trophiques, et le rôle du paysage sur les réponses des organismes aux stresseurs
chimiques et biologiques (cas des maladies vectorielles, pour lesquelles la transmission par les hôtes intermédiaires/les vecteurs est largement influencée par le paysage). Ce thème a par ailleurs des implications en biologie de la conservation et pour la santé animale (faune sauvage elle-même et bétail), et la santé humaine
puisque de nombreux pathogènes de la faune sauvage sont transmissibles aux animaux d’élevage et/ou responsables de zoonoses.

publié le , mis à jour le