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Jean Verneaux est mort le 10 février 2017 à l’âge de 80 ans.

Cet universitaire bisontin a marqué l’hydroécologie française par sa personnalité riche et originale.

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Cet universitaire bisontin a marqué l’hydroécologie française par sa personnalité riche et originale.

La passion de Jean Verneaux pour les rivières et les lacs, sa volonté d’en comprendre la structure et le fonctionnement trouvent vraisemblablement leur origine dans une enfance riche de pêches et d’explorations naturalistes au bord du Doubs. Cette inclination débouche sur une formation universitaire conclue en 1973 par une thèse de doctorat qui marquera l’écologie aquatique.

Opérant une science participative bien avant l’heure, Jean Verneaux était à l’écoute des hommes de terrain, dont il a très tôt reconnu la valeur des avis et remarques. Il a aussi très rapidement compris qu’une hydroécologie solide ne pouvait se développer sans les contributions d’autres disciplines. Il a ainsi su utiliser les apports de la chimie analytique et de l’analyse mathématique des données pour développer une approche quantitative de l’hydroécologie.

De fait, il fut l’un des tout premiers à reconnaître l’importance des variations d’abondance des organismes aquatiques et à les utiliser pour développer des outils d’évaluation de la qualité biologique des cours d’eaux et des lacs : les divers indices (IBG, IBGN, IBL...) qu’il a contribué à créer sont à la base de nombreuses méthodes employées aujourd’hui dans le cadre de la surveillance réglementaire des milieux aquatiques.

Outre cette mise en application dans sa pratique de chercheur, son souci d’interdisciplinarité s’est également traduit par la création au sein de l’Université de Besançon, de l’Institut des Sciences et Techniques de l’Environnement, institut fédératif, qui a été l’une des prémices de la création du Laboratoire Chrono-environnement.

Mais Jean Verneaux a surtout marqué ses élèves et ses collaborateurs par son attitude sans concession vis à vis des pollutions et des pollueurs, ainsi que par sa pédagogie ancrée dans la pratique et le réel.

Incontestablement, l’actuel Master des Sciences de l’Eau délivré par l’Université de Franche-Comté doit beaucoup à l’impulsion initiale donnée dès 1969 par Jean Verneaux lors de la création du DESS Eaux continentales, Pollution et Aménagements : des centaines d’hydrobiologistes français et étrangers, cadres du secteur privé, gestionnaires publics et autres acteurs de l’écologie aquatique sont issus de cette école bisontine et ont bénéficié des savoirs mis au jour et professés par Jean Verneaux et ses collègues.

Très intransigeant en ce qui concerne la dégradation des eaux continentales, universitaire haut en couleur, à l’oeil et au verbe aiguisé, Jean Verneaux était aussi un homme simple avec qui il était plaisant de partager, autour d’un repas et d’un verre, discussion, anecdotes et grandes idées.

Pierre-Marie Badot