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Soutenance de thèse de Bien-Aimé Mandja Makasa

Bien-Aimé Mandja Makasa a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse intitulée « Dynamique spatio-temporelle des épidémies de Monkeypox en République Démocratique du Congo ».
La soutenance aura lieu le 28 novembre 2019 à 9h dans la salle -107M (Chrono-Environnement, 16 Route de Gray, 25000 Besançon).

Composition du jury
Jean-François ETARD, Directeur de Recherche, Université de Montpellier, Rapporteur
Florence FOURNET, Chargée de Recherche HDR, Université de Montpellier, Rapporteur
Francisco VEAS, Directeur de Recherche, Université de Montpellier, Examinateur
Jean-Marie KAYEMBE, Professeur, Université de Kinshasa, Examinateur
Frédéric MAUNY, Professeur, Université de Bourgogne Franche-Comté, Directeur de thèse
Pascal HANDSCHUMACHER, Chargé de Recherche, Université d’Aix Marseille, Co-directeur de thèse
Didier BOMPANGUE, Professeur associé, Université de Kinshasa, Co-encadrant de thèse

Résumé
Le Monkeypox (MPX) est une maladie rare sévère causée par un virus très proche de celui de la variole et touche initialement des animaux et des hommes (anthropozoonose) vivant dans des régions situées à proximité des forêts denses d‘Afrique centrale et occidentale. A elle seule, la République Démocratique du Congo (RDC) notifie près de 85 % de cas humains connus et ce pays a enregistré plusieurs épidémies ces dernières années.
Actuellement une majorité d‘auteurs s‘accorde sur le fait qu‘après 30 ans de cessation des campagnes de vaccination contre la variole, il est observé une très grande recrudescence de cas de MPX dans plusieurs régions tropicales dont la RDC, ce qui commence à poser un réel problème de santé publique. Cependant, le MPX reste une maladie peu étudiée et les facteurs liés à sa transmission et à sa distribution spatiale et temporelle demeurent mal connus. Cette recherche a été conduite pour contribuer à construire un estimateur de la prévalence du MPX à l‘échelle de la RDC, comprendre les déterminants des dynamiques de ses répartitions spatiale et temporelle. En premier lieu, un score a été construit pour évaluer le niveau d’adéquation entre les données de la morbidité rapportée par la Surveillance Intégrée des Maladies et Riposte (SIMR) en RDC et la morbidité réelle. Dans un second temps, l‘identification des agrégats spatiaux et temporels du MPX en RDC a été réalisée à l‘échelle des Zones de Santé (ZS) à l‘aide des statistiques de balayage rétrospectif. Dans un troisième temps, la recherche des facteurs environnementaux associées à l‘occurrence des cas de MPX en RDC a été conduite.
Un score simple et pragmatique a été élaboré pour quantifier la validité de données générées par la SIMR en RDC. L‘étude de la recherche des agrégats spatiaux du MPX a montré une sur-incidence des cas rapportés dans les deux foyers « traditionnels » des districts de Sankuru et de la Tshuapa mais avec une extension dans certains districts environnants au fil des années. Ceci suggérerait ainsi l‘identification des épicentres originels probables du MPX dans la cuvette centrale du Congo et leurs espaces de diffusion et/ou d‘apparition secondaire selon une dynamique établie sur deux dizaines d‘années. L‘analyse temporelle annuelle a mis en évidence une tendance saisonnière caractérisée par une augmentation des cas de MPX pendant la saison sèche. Le modèle développé suggère que plusieurs facteurs environnementaux physiques sont positivement associés à l‘incidence du MPX mais ne suffisent pas à eux seuls à comprendre complètement l‘émergence et la persistance des épidémies du MPX en RDC. Ces résultats suggèrent qu‘il nous faut à l‘avenir complexifier notre modèle par l‘introduction de facteurs socioéconomiques et anthropologiques dans la construction du système pathogène du MPX afin de mieux rendre compte de la réalité des liens que les hommes entretiennent avec leur environnement, modulant ainsi leurs niveaux d’exposition et de risque.
Cette étude a permis de cibler des espaces et périodes à haut risque de MPX en RDC, favorisant ainsi la production d‘informations spatio-temporelles nécessaires à la définition de niveaux de priorités pour les interventions de prévention et de lutte contre cette maladie en RDC. Enfin, ces résultats ouvrent des pistes d‘investigation pour les autres pays africains concernés.

publié le