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Comment les insectes au contact du mercure le transfèrent-ils dans le réseau trophique terrestre ?

Une étude menée à Chrono-environnement a permis de mieux appréhender le rôle des insectes associés à des dispositifs de phytomanagement dans la dissémination du mercure en milieu terrestre. Ces travaux, publiés dans Environmental Science & Technology ont été sélectionnés et publiés en tant que Research Highlight par le journal Nature Sustainability.

Les industries du chlore et de la soude caustique produisent des produits chimiques tels que le chlore et l’hydroxyde de sodium. Cependant, elles peuvent également générer de grandes quantités de déchets, sous forme de sédiments, enrichis en mercure. Ces sédiments, une fois entreposés sur des sites dédiés, peuvent libérer du mercure dans l’atmosphère. Afin de limiter la dissémination directe de ce contaminant, ces sites sont généralement revégétalisés par des espèces ligneuses. Toutefois, l’introduction de ces arbres favorise l’apparition d’insectes, pouvant contribuer au transfert de mercure, notamment sous sa forme la plus toxique (méthylmercure), dans les réseaux trophiques.

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Loïc Yung, de l’Université de Bourgogne Franche-Comté (France) et ses collègues ont étudié vingt-trois espèces d’insectes vivant sur un site de dépôt de sédiments contaminés par le mercure, cinq ans après la revégétalisation. Le dispositif est aujourd’hui dominé par la grande ortie (Urtica dioïca L.), dont l’enrichissement en mercure est très faible (teneurs physiologiques comprenant 1% du mercure sous forme de méthylmercure). Toutefois, dans les insectes, des teneurs en mercure variables et pour certaines particulièrement élevées ont été mesurées, certaines espèces contenant jusqu’à 1 mg kg-1 de mercure, avec 75 % sous forme de méthylmercure. Les auteurs ont examiné les traits de vie des insectes (caractéristiques biologiques et écologiques : habitat, régime alimentaire, durée de vie...) et ont constaté que, pour ceux associés à l’ortie, l’exposition était principalement liée à leur place dans le réseau trophique, avec un phénomène de bioamplification particulièrement marqué au niveau des prédateurs secondaires. L’exposition des insectes non associés à l’ortie était principalement liée à leur habitat et plus particulièrement à un contact direct avec des sources de mercure au cours de certaines étapes de leur cycle biologique.

Insect Life Traits Are Key Factors in Mercury Accumulation and Transfer within the Terrestrial Food Web. Loïc Yung, Coralie Bertheau, David Cazaux, Nicole Regier, Vera I. Slaveykova, Michel Chalot, Environ. Sci. Technol. 2019, 53, 19, 11122-11132

publié le