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Mieux vaut être résident riche qu’émigrant pauvre pendant une épidémie

Constat observé d’après un article publié dans Plos One, dont Patrick Giraudoux est co-auteur, traitant de la mortalité et de la reprise démographique dans les premières années post-épidémies, à Dijon au XVe siècle.

Cette étude, basée sur un corpus de sources historiques, a permis de constituer une base de données regroupant les chefs de famille enregistrés à Dijon sur une période de soixante-douze ans. Lors des épidémies mortelles de peste du XVe siècle qui ont touché l’Europe un demi-siècle après la peste noire, les chercheurs ont identifié parmi les chefs de famille un sous-groupe très vulnérable, correspondant selon toute probabilité, aux émigrants récents de la ville. Dans ce groupe, l’établissement récent a été combiné avec deux facteurs de fragilité, un faible niveau de richesse et l’absence de liens familiaux au sein de la ville, qui, à eux seuls, n’étaient pas suffisants pour influencer la mortalité lorsqu’ils étaient isolés.
Cependant, au milieu du XVe siècle à Dijon, la plus grande sensibilité des émigrants récents, peut-être ceux qui avaient été sélectionnés par leur survie à une famine de masse antérieure, n’était pas apparente. Ces émigrants auraient pu renforcer la part de la population exogène de la ville. Au cours des années suivantes, dans un contexte économique et politique plus favorable, les nouveaux arrivants pauvres ont joué un rôle essentiel dans la résilience de la ville après les épidémies.

Galanaud P., Galanaud A., Giraudoux P., Labesse H. (2020) Mortality and demographic recovery in early post-black death epidemics : Role of recent emigrants in medieval Dijon. PLoS ONE 15(1) : e0226420.

publié le , mis à jour le