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Soutenance de thèse de Laurie Bedouet

27 mars 2026 9h00 - 12h00

Laurie Bedouet a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse intitulée Contribution aux connaissances pour la conservation du lynx boréal (Lynx lynx) : étude de l’imprégnation par les éléments traces métalliques, de la génétique et du régime alimentaire des populations en France et en Suisse. Cette thèse a été menée au laboratoire Chrono-environnement (UMR 6249, Université Marie et Louis Pasteur), sous la direction d’Eve Afonso et Michaël Cœurdassier.

La soutenance se déroulera le vendredi 27 mars à 9h, dans l’amphithéâtre UMLP, (anciennement amphithéâtre COMUE UBFC), situé au 32 avenue de l’Observatoire à Besançon.

Le jury sera composé de :

  • Aurélie Goutte, Maîtresse de conférences, METIS (UMR 7619), EPHE, Paris – Rapportrice
  • Sébastien Devillard, Professeur, LBBE (UMR CNRS 5558), Université Claude Bernard Lyon 1 – Rapporteur
  • Marine Drouilly, Docteure, Coordinatrice régionale Panthera, Administratrice SFEPM – Examinatrice
  • Géraldine Véron, Professeure, ISYEB (UMR 7205 CNRS), MNHN, Paris – Examinatrice
  • Eve Afonso, Maîtresse de conférences – HDR, Chrono-environnement, Besançon – Directrice de thèse
  • Michaël Cœurdassier, Maître de conférences, Chrono-environnement, Besançon – Codirecteur

Résumé

Les grands carnivores font leur retour en Europe depuis plusieurs décennies. La reconnaissance de leur rôle structurant dans le fonctionnement des écosystèmes a contribué au renforcement des mesures de protection visant leur maintien. Dans des paysages fortement anthropisés et fragmentés, leur conservation implique toutefois de composer avec une mosaïque d’enjeux écologiques, sociaux et politiques. Le lynx boréal (Lynx lynx) illustre cette complexité : son retour en Europe centrale et occidentale, largement lié à des programmes de réintroduction, a conduit à l’établissement de populations souvent petites et isolées, vulnérables aux évènements stochastiques et aux pressions anthropiques.
Dans ce contexte, cette thèse vise à contribuer aux connaissances scientifiques mobilisables pour la conservation du lynx boréal en s’appuyant sur l’étude des populations réintroduites du Jura et des Alpes, en France et en Suisse. Les questions abordées concernent la santé des individus, la diversité génétique des populations et la niche trophique du lynx boréal au sein des socio-écosystèmes recolonisés, afin de mieux comprendre les déterminants de sa conservation à long terme.
Le premier chapitre évalue l’exposition du lynx boréal aux éléments traces métalliques (ETMs) en Suisse et en France, une pression encore peu documentée pour cette espèce. Les concentrations hépatiques de quatre ETMs non-essentiels (arsenic, cadmium, mercure, plomb) et quatre autres essentiels (cuivre, fer, sélénium et zinc) ont été mesurées. Les niveaux observés sont comparables à ceux rapportés dans d’autres populations européennes et restent inférieurs aux seuils de toxicité connus, indiquant que l’exposition actuelle aux ETMs ne constitue pas une menace sanitaire majeure, tout en fournissant des valeurs de base utiles pour le suivi des populations.
Le deuxième chapitre analyse la structure et la diversité génétique de la population du Jura et du nord des Alpes en France, fondée il y a cinquante ans à partir d’un faible nombre d’individus réintroduits. Les analyses reposent sur des échantillons non-invasifs de fèces collectés par un réseau de sciences participatives. L’étude de l’ADN mitochondrial et nucléaire à l’aide de 18 marqueurs microsatellites met en évidence une absence de structuration génétique, suggérant un flux de gènes continu à l’échelle de l’aire d’étude. Elle révèle également une absence de diversité de l’ADN mitochondrial qui, associée à une faible connectivité, témoigne d’un effet fondateur persistant et souligne l’intérêt de considérer, parmi les options de gestion envisageables, un renforcement de la génétique à l’échelle de la population.
Le troisième chapitre examine les interactions trophiques entre le lynx boréal et deux mésoprédateurs sympatriques, le renard roux (Vulpes vulpes) et le chat forestier (Felis silvestris silvestris), afin de caractériser la niche trophique du lynx et d’apporter des éléments objectifs sur sa consommation d’espèces d’intérêt pour les activités humaines, notamment les ongulés sauvages et domestiques. Pour cela, la composition en proies vertébrées du régime alimentaire des trois espèces a été déterminée par des analyses moléculaires de fèces. Les résultats décrivent un système trophique reposant sur un nombre restreint de proies clés, susceptible de limiter la capacité de la communauté à répondre aux changements environnementaux et aux pressions anthropiques.
La discussion générale
souligne l’interconnexion entre les dimensions écotoxicologique, génétique et trophique étudiées. Si aucune menace immédiate n’a été identifiée et que les populations sont actuellement en expansion, cette thèse constitue une première étape fournissant des bases de référence essentielles pour un suivi intégré et à long terme du lynx boréal, tout en mettant en évidence le rôle clé des sciences participatives, comme leviers potentiels pour renforcer le lien entre recherche, conservation et société civile.

Photo d’un lynx @Antoine Rezer

 

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Détails

Lieu

  • Maison de la DRVI
  • 32 avenue de l’Observatoire
    Besançon, 25000
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