À l’occasion de la Journée internationale des filles et des femmes de science, célébrée le 11 février, nous vous invitons à découvrir des parcours de femmes déterminées qui évoquent leurs métiers avec passion. Trois portraits sur trois jours consécutifs. Ces témoignages ont pour objectif de déconstruire les stéréotypes de genre et d’encourager les jeunes filles à se lancer en science. Portrait #1
Entre environnement et santé : un parcours de recherche guidé par la curiosité
Après une licence de biologie-écologie, Steffi Rocchi poursuit un master Vie, Terre, Environnement, Santé, Société à Besançon. Si son parcours la mène aujourd’hui à la mycologie médicale et aux projets européens, ce n’était pourtant pas une évidence au départ.
Le déclic pour la recherche
Le déclic pour la recherche survient lors de son stage de master 1, réalisé au Muséum de la Citadelle, à Besançon. Elle y travaille sur l’apron du Rhône, un poisson menacé, avec pour objectif d’en étudier la reproduction en laboratoire. « C’est à ce moment-là que je me suis dit que la recherche pouvait vraiment me plaire », explique-t-elle. Ce stage, bien qu’éloigné de ses travaux actuels, lui donne à la fois le goût de la recherche et l’envie d’explorer d’autres thématiques.
Le choix de l’orientation santé-environnement
Initialement attirée par l’hydrobiologie, discipline qu’elle approfondit grâce à des options en master 1, elle s’en détourne finalement. Son stage de master 2, intitulé Risque fongique des patients immunodéprimés au retour à domicile, marque un tournant décisif. À l’époque, elle ne connaît ni les champignons, ni le milieu hospitalier, ni les patients immunodéprimés. Curieuse, elle va rencontrer les encadrants du projet pour en comprendre les enjeux et la méthodologie. Cette discussion est déterminante : elle rejoint l’équipe de mycologie du CHU de Besançon, où elle réalise ensuite sa thèse. Ses travaux portent sur la mesure de l’exposition des patients à différents micro-organismes — moisissures, bactéries, acariens — et sur les liens entre environnement et pathologies respiratoires, allergiques et infectieuses. Ce qui la motive avant tout, c’est la possibilité de relier des données environnementales à des effets sur la santé, et d’anticiper certains risques pour les patients.
Après la thèse : contrats, concours et détour
Après sa thèse, elle enchaîne des contrats de recherche, souvent courts, au sein de la même équipe, tout en collaborant avec d’autres laboratoires. Elle tente également les concours, sans succès. S’ensuit un détour par le secteur privé, où elle occupe un poste de cheffe de projet en microbiologie pendant un an et demi. Une expérience enrichissante, mais la recherche finit par lui manquer. Elle revient alors vers le public comme chargée d’études, avant de réintégrer l’équipe de mycologie.
Situation actuelle
Aujourd’hui, elle coordonne un projet européen sur la résistance aux antifongiques (étude SporeWatchFrance), en collaboration avec les Pays-Bas. Son CDD court jusqu’en octobre 2026, et l’avenir se construit, comme souvent dans la recherche, par le montage et le dépôt de nouveaux projets.
Des obstacles à surmonter ?
Si la précarité fait partie du métier, elle l’assume pleinement. Installée à Besançon, avec un mari et deux jeunes enfants, elle continue à concilier vie familiale et recherche, sans avoir ressenti de frein lié au fait d’être une femme. « Être maman ne m’a jamais freinée dans mon activité de recherche. », affirme-t-elle. Rédiger son Habilitation à diriger des recherches pendant son congé maternité est la preuve concrète d’un engagement profond et d’une détermination sans faille.
Un conseil à une jeune fille qui hésite à se lancer dans les sciences
« Vas-y, ose, fonce ! Le parcours est long et parfois incertain, mais il permet d’exercer un métier passionnant ! »