En 1981, bac D en poche, Dominique Sordoillet s’oriente vers un DEUG de sciences naturelles à l’université de Franche-Comté. Très vite, elle se passionne pour la géologie du Quaternaire et poursuit en licence puis en maîtrise de géologie. À cette période, une enseignante lui déconseille pourtant de continuer dans cette voie, estimant que le milieu, très masculin, offrirait peu de débouchés à une femme. Un conseil qu’elle choisit de ne pas suivre.
Son déclic ?
Le véritable tournant intervient lors de fouilles archéologiques en Suisse, sur les chantiers de l’autoroute bordant le lac de Neuchâtel. Elle y découvre la possibilité de croiser géologie et archéologie notamment à travers l’étude des sédiments lacustres et de l’empreinte humaine sur les paysages. Cette rencontre avec un géologue travaillant pour les archéologues constitue un véritable déclic et ouvre la voie à une spécialisation à l’interface des deux disciplines.
Multiplier les expériences
Elle poursuit alors avec un DEA (master 2) de géologie du Quaternaire et Préhistoire, obtenu en 1987, avant d’envisager une thèse. Le début du doctorat est toutefois marqué par des hésitations : un premier sujet ne la convainc pas, ce qui la conduit à interrompre temporairement son parcours académique. S’ensuivent plusieurs années durant lesquelles elle enchaîne différentes expériences archéologiques : fouilles bénévoles, contrats au sein de services régionaux d’archéologie, missions en Suisse. Ce parcours en zigzag n’est pas subi, mais relève d’un choix pragmatique, lui permettant de rester active professionnellement et de consolider son expérience.
Une thèse qui lui correspond
Elle reprend finalement une thèse ; cette fois, le sujet la passionne, les conditions sont réunies et la collaboration avec son directeur fonctionne naturellement. Elle parvient à la mener à terme et soutient en 1999, douze ans après son précédent diplôme. Dès l’année suivante elle réussit le concours d’entrée à l’INRAP à la deuxième tentative.
Réalité du métier
Aujourd’hui géoarchéologue, elle travaille à l’interface entre géologie et archéologie, mobilisant des outils de terrain et de laboratoire pour documenter les interrelations entre les populations humaines et leur environnement au cours du temps. Si certaines représentations genrées ont jalonné son parcours, elle souligne que les principales difficultés du métier tiennent surtout aux contraintes de temps et de moyens imposées par l’institution.
Son conseil
Son principal conseil aux jeunes femmes est clair : ne pas s’auto-censurer, faire ce que l’on aime, et accepter que certains parcours soient longs ou sinueux. La persévérance et la cohérence personnelle restent, selon elle, les meilleurs moteurs d’une carrière scientifique.