Cette étude, dirigée par Cécile Remy, paléoécologue au laboratoire Chrono-environnement, en collaboration avec des chercheurs de l’Université Technique de Dresde (Allemagne) et de l’Université Technique de Munich (TUM) a été publié dans Journal of Ecology.
Contexte et enjeux
Le changement climatique anthropique exerce une pression croissante sur les forêts, modifiant les aires de répartition des espèces et la composition des communautés végétales. Dans ce contexte, l’identification des refuges climatiques, ces zones capables de maintenir des espèces ou communautés face à des conditions climatiques défavorables, devient un enjeu majeur pour la conservation de la biodiversité.
Concept innovant et perspectives
Cette étude explore le potentiel des refuges climatiques dans le Parc National de Berchtesgaden, un écosystème montagneux représentatif des Alpes du Nord. Menée par Sarah Le Berre, doctorante à l’Université Technique de Dresde, cette recherche utilise le modèle iLand pour simuler l’évolution des forêts sous des scénarios climatiques futurs. L’étude introduit un indice de capacité de refuge, permettant d’identifier les zones où les communautés d’espèces actuelles, et particulièrement celles incluant des espèces rares, ont le plus de chances de persister malgré le changement climatique. Les simulations intègrent des perturbations naturelles (tempêtes, scolytes) et des variables environnementales (par exemple : précipitations, température, topographie, types de sols), analysées via des modèles de régression pour identifier les principaux moteurs de la capacité de refuge.
Les résultats montrent que 70 % des zones potentielles de refuges climatiques voient leur capacité diminuer sous l’effet du changement climatique. Les zones de basse et haute altitude sont les plus vulnérables, tandis que les altitudes intermédiaires (850 –1400 m) résistent mieux. L’activité humaine passée joue un rôle majeur dans ces résultats, réduisant significativement la capacité de refuges des forêts autrefois exploitées. À l’inverse, la diversité fonctionnelle renforce la résistance des communautés d’espèces au changement climatique. Ces résultats soulignent l’importance de préserver les forêts proches de leur état naturel, de favoriser la diversité fonctionnelle, et d’intégrer les refuges climatiques dans les stratégies de conservation pour prioriser les zones à protéger. L’indice développé offre un outil pratique pour guider les gestionnaires dans la protection des écosystèmes forestiers face au changement climatique.
, , , (2026). Identification des futurs refuges climatiques dans les forêts de montagne d’Europe centrale . Journal of Ecology , 114 , e70439.
Légende : Capacité de refuge forestiers dans les scénarios climatiques modérés (RCP 4.5) et pessimiste (RCP 8.5) comparer au climat historique (1980-2009) ©SLeBerre